
Visite de l'expo Keith Haring au musée d'arts contemporains de Lyon cet après-midi avec R. Plaisir de découvrir beaucoup de choses qui me parlent, évidemment, Haring étant un enfant du mouvement Hip-Hop new-yorkais des années 70, 80 (la "old school") via le graff. Des performances rapides des débuts, en "Freestyle", exécutées à la craie sur des affiches noires dans les métros de la ville, composées de petits personnages cartoonesques pleins d'énergie qui s'agitent dans tous les sens, naît un style plus torturé et sclérosé par le symbolisme et la grandiloquence dans la deuxième moitié des années 80. La vibration ondulatoire heureuse des corps connectés sur d'énormes boom box se fait de plus en plus inquiète sous les pinceaux d'Haring à cause de ses peurs vis-à-vis, notamment, des avancées technologiques au cœur de la société. C'est, en somme, comme si le "kick your ass" survolté de "Planet Rock" (Soul Sonic Force, 1982) se transformait progressivement en le "kiss your ass goodbye" poisseux de "Nuclear War" (Sun Ra, 1984). Haring écoutait, parait-il, beaucoup de musique en peignant, elle lui fournissait la direction à emprunter, sa dynamique.
Illustration : Keith Haring, Untitled, 1982.
Illustration : Keith Haring, Untitled, 1982.